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redescente climatisée

Samedi j'ai marché.
Dans la rue.
Tout seul.
Sous le soleil de Novembre.
Et j'ai ressenti cette curieuse impression de m'effondrer de l'intérieur.
Mon visage ne répondait plus. La bouche se soudait. Seuls les yeux vivaient, avec une sensation d'accuité visuelle incroyable.
Et puis un vertige... cette certitude de mesurer, brusquement, 3 mètres de haut, de dépasser tout le monde, de voir au delà des gens, de n'être qu'un élément liquide,gazeux, invisible.
J'étais une machine à marcher. Je marchais sans savoir, sans comprendre, sans fatigue, pourtant en pesant une tonne. Une tonne d'armement sur le dos, sous la peau, dans les yeux, dans les mains, les pieds.
J'étais une machine à marcher.

Et je savais que bientôt je serais une machine à tuer. Tuer les gens avec mes yeux, d'un regard... pof !
Tuer les animaux, les plantes, les arbres... Brûler toute vie.
Cette impression de voir mourir tout ce que je regarde...
Alors il ne faut pas croiser mon regard. Je ne dois rien regarder, rien fixer. Mes yeux doivent mourir, pour ne pas réveiller cette machine à tuer.

Ce dimanche je suis devenu, doucement, tranquillement, cette machine à tuer. Sans le savoir. Mais ce matin elle a frémi.
Et la première personne que la machine a regardé c'est moi.

Je ne vais pas bien. Ce n'est pas un appel au secours mais plus un leitmotiv.
Je ne vais pas bien.
Je ne vais pas bien.
Je ne vais pas bien.
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