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o-

c- comme ode

aux espoirs.

J'ai voulu planter des fleurs. Sans épine à la tige. Avec de belles couleurs, délicates, soyeuses. Et un parfum doux et enivrant. Chaud. Riche.
Mais le petit garçon est couché sur le dos, les bras le long du corps, bien sages.

J'ai voulu semer. N'importe quoi. Des herbes folles, du blé, des fleurs des champs. Faire un bouquet sauvage et coloré de nature.
Mais le petit garçon est comme un arbre au bord de l'eau. Son ombre est fraîche, mais empoisonnée.

Et puis j'ai voulu vivre. Pour moi. Pour les autres.
Mais il y avait le Crabe qui veillait. Un air d'adulte un peu perdu dans le regard, une terreur d'enfant à l'idée de me perdre. Pas vraiment de la malveillance, notez...
Juste de la pourriture dans le cœur, et de la moisissure sur les poumons.
Et le petit garçon qui me répète « J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans ... j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans ... ».

J'ai le cerveau en ruines. Et comme l'homme à la cervelle d'or, je racle un peu chaque jour mon crâne pour déposer un peu d'or ici et là.
Mais le Crabe me rejoint, les yeux fixés sur l'océan, et me chuchote « Breathe on, sister... breathe on. There is no hope. »

Et la chanson horrible qui revient, qui appartient à un autre :
« Un, deux,
Pourquoi chercher le jeu,
Trois, quatre,
Ce n'est qu'un simulacre ».

Le Crabe, le petit garçon, cette chevelure même...



Bérénice
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