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MAC de Mtl

Visite hier du Musée d'Art Contemporain, à Mtl.

Globalement satisfait, même si je ne retiens que quelques oeuvres qui m'ont touchées. En fait : une oeuvre en particulier.

Le site du MAC annonce 4 expositions :
1- Cynthia Girard : Fictions sylvestres
2- Place à la magie! Les années 40, 50 et 60 au Québec
3- William Kentridge
4- Part de vie, part de Jeu, Michel Goulet.

C'est William Kentridge qui définitivement a retenu mon attention. Un travail de dessins au fusain hallucinant (des heures et des heures de travail), pour des résultats très variés. Des courts métrages, des tableaux, des dessins, et une oeuvre en particulier, celle que je mentionnais au début : Sur un plan horizontal rond, étaient posés sous verre deux dessins. Au centre de la table, un cylindre de métal d'une vingtaine de cm de diamètre sur peut être 30 de haut.
Les dessins n'étaient "interprétables" que par l'image réfléchie dans le cylindre. D'un côté un oiseau sur une branche, de l'autre une orchidée.
J'ai particulièrement aimé l'oeuvre pour l'aspect surprenant de la chose.
Au début, on se demande la raison du cylindre sur un plan rond horizontal, et on cherche à comprendre le dessin.
Puis d'un regard au cylindre, l'image prend sa forme, et acquiert presque une troisième dimension...

Les courts métrages étaient aussi très impressionnants à cause du travail effectué : des animations par fils, des supperpositions, des images d'époque (WWI).
Quand aux tableaux, ils rejoignent les courts métrages : On "sent" que l'artiste à travaillé sur la mémoire. Les souvenirs.
J'ai beaucoup ressenti la tristesse, la mélancolie, la "gloire fanée" des souvenirs...

Une phrase me reste : "Her abscence filled the world."


Les oeuvres de Cynthia Girard sont un peu trop naives à mon gout, même si les messages sont forts (conservation de nos forêts). Une technique m'a plu, celle du "pointillisme" pour dessiner deux animaux (un ours, et un papillon). Le fond bleu brilliant et les points (jaune, rouge, bleu, vert...) créent une oeuvre "mouvante", "fragile" qui va bien avec la fragilité des êtres vivant de et dans la forêt.

Le reste des expositions m'a confirmé une chose : pour moi une oeuvre doit vraiment m'interpeller sinon j'ai de la difficulté à embarquer, et une oeuvre doit avoir un aspect visuel particulier. Presque parfait, même si brut. Je dois "ressentir" les imperfections comme faisant partie d'un tout parfait. Les formes doivent être pensées, réfléchies, choisies.
Malheuresement, je n'ai pas retrouver ça avec Michel Goulet. Je n'y ai vu qu'un assemblage de "morceau de n'importe quoi mis ensemble, sans lien". Ca m'a dérangé. Désolé Michel ;)

La magie des années 40, 50 et 60, née du refus global de (ah ben... je viens de perdre son nom...) était plus interessante, en ce sens qu'on imaginait sans peine la surprise probable des gens devant des oeuvres contemporaines. Mais là encore... rien de plus qu'une curiosité un peu plate.

Définitivement Kentridge fut le point central. Un mot sur ses courts métrages, si je peux rendre avec des mots les images "étranges" qui naissaient...
Les films étaient de taille différente, projetés sur des murs. L'un deux qui couvrait tout un mur présentait des particules de lumières qui bougeaient et finissaient par faire des dessins.
La technique utilisée est "fort simple". Les dessins étaient en sucre, et les particules lumineuses des fourmis. Et les fourmis, allant vers le sucre, formaient les images.
Le tout a été filmé, puis passé en négatif. On avait l'impression de voir des étoiles bouger, et la taille assez remarquable y était pour quelque chose...

D'autres courts-métrages rendaient hommage à Mélies, avec des films repassés à l'envers principalement, mais dont les mouvements de l'artiste parraissaient vraiment être "à l'endroit". L'oeil oscillait donc constamment entre chercher l'endroit de l'envers.
Les courts métrages avec du fusain sont simplement iracontables. Des êtres de papier qui évoluent sur des fonds au fusain qui changent constamment, comme torturés par la guerre, ou la pluie, ou le vent, ou au contraire figés comme par le gel. Des formes 2-D qui , en tournant sur elles-mêmes, nous montrent un autre aspect complètement différent. Par exemple un "homme" qui en se tournant devient "une machine". Sauf que les mots hommes et machines ne correspondent pas. Car ce n'était jamais exactement l'un ou l'autre. Et les mouvements des "êtres de papier", forcément saccadés, renforçaient cette idée.
C'étaient comme des fragments de mémoire qui pernaient vie un instant, parfois quelques scondes, puis "mourraient", effacés par un coup de pinceau...

Je viens de lire qu'il s'agissait du seul point de chute de l'expo en Amérique du Nord... et suis heureux de l'avoir vue.

Hum... un long post. Vous avez tout lu ? C'est bien vrai ?  Bravo, alors.

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