En hiver, je rêve que nos autos soient de petites bulles de coton, bien chaudes et bien douillettes.
On circulerait doucement, sans bruit, sur les routes et les autoroutes, comme des flocons de neige habités.
En hiver, je rêve d'hiberner, comme un ours, roulée en boule au pied d'un sapin, recouverte de neige. Devenir... faire partie de la nature tranquille, du grand cycle de la vie. Avoir ma place.
En hiver, j'aime les grands froids secs qui brûlent et assèchent tout. Je prends mon grand manteau, je rabats la capuche qui me couvre bien les joues, et je marche, les deux mains profondément enfoncées dans les poches.
Je marche et au bout d'un moment de cette marche crissante de buits dans un froid inhumain (parce que -35, quand même, c'est pas humain), le manteau devient chaud, vivant autour de moi, une bête qui me protège et me nourri de sa chaleur.
24 janvier, et toujours pas de grands froids. On oscille entre -15 et +2. J'ai l'impression de mourir.
Bérénice