• v-

    v- comme visite au pavillon, ... celui qui fait peur. Celui peuplé d'êtres comme moi. Ceux qui entendent ces voix. Ceux qui voient ces choses. Ceux qui marchent, tendus comme des cordes d'arc, prêtent à claquer. Ceux qui oscillent sans trop savoir où aller. Et encore moins pourquoi.
    La main dans la mienne, le petit garçon ouvre de grands yeux de pitié. Une flamme morte brille au fond de son crâne, et il marche comme un mort. Il me tend son sourire comme on cherche une sortie. Je lui rend son sourire comme on rend une sentence. Ses yeux plongent en une plainte muette dans cet univers carcéral.
    C'est gris ici ! Et là ! Et de partout c'est gris ! Même les couleurs les plus vives sont grises de peur et de maladie. Ca respire l'entraille d'un monstre froid et mathématique, calculateur et sans âme.
    Un infirmier croise dans ce couloir sans fin. Gris. Avec une grosse tâche rouge en forme de croix.
    Il y a des chaises et des barreaux. Des portes. Toutes fermées. Ce monde est vide. Le monstre digère ici ce qui entre.
    Ceux qui entrent.
    Ceux qui hantent.


    v- comme visite au pavillon ce matin. Celui des fleurs comme des gifles. Celui du soleil comme un fouet qui gicle en claquant. Celui des schlagues, des barres de fer, de la douleur dans les jambes.
    Le nacre-tête va et revient, amer comme de l'eau.
    Le ventre-tête repose un peu sur son lit de sable et de terre. Il gît. C'est le mot. Encore un peu sanglant dans ses tremblements, mais calme et serein.

    Le petit garçon me ferme son sourire comme un portail un soir d'hiver, glacé et noir. Et je m'y colle les yeux, les mains clouées sur les joues.




    Bérénice

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :