• s-

    s- comme insulteS



    Tu n'es qu'un petit con, dit le père.
    Tu as agis comme un salaud, dit la mère.
    Ou réciproquement, peu importe.



    Car le petit garçon, un soir de 1981, avait demandé à ses parents d'arrêter de s'engueuler tout le temps. Il voulait faire ses devoirs.




    C'est peu après que je suis arrivée. "Je suis née d'un regard", m'a écrit le poète. Comme il avait raison !



    J'ai trouvé le petit garçon étendu sur le dos, déjà tout glacé de la gangrène qui lui pourrissait le ventre. J'ai plongé mes mains pour retirer les tâches sanglantes, encore, et encore, et encore. Ca a duré longtemps.
    J'avais mal de le voir souffrir, alors je me suis faite danseuse pour lui.
    Je me suis faite selon son rêve d'enfant malade.



    Puis son coeur a quand même perdu courage. Alors je l'ai prit dans mes mains comme on prend un oiseau blessé pour le protéger. Mes mains pleines de pourriture l'on réchauffé, ce petit morceau de viande innocent.
    Et la gangrène lui a gagné le coeur. Ca l'a grignoté comme un ver dans un fruit trop mûr. Ca l'a bouffé et je pouvais rien faire. Ca l'a brûlé et j'ai regardé faire, sans rien dire, ou en disant que je ne comprennais pas. Je me suis faite menteuse pour lui.
    Je me suis faite selon son rêve d'adulte mort.



    Où est ma faute, lecteur ?




    OÙ EST MA FAUTE, LECTEUR ?







    Bérénice


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :